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epa07207938 General view of the nuclear power plant in Cattenom, France, 04 December 2018. The Cattenom Nuclear Power Plant is located about 5 km from Thionville (Moselle, north France).  EPA-EFE/JULIEN WARNAND
18 Jan

La Belgique risque une forte indisponibilité nucléaire fin 2019

Bruxelles – L’exploitant nucléaire belge Engie Electrabel craint de devoir se passer de trois réacteurs l’hiver prochain (2019-2020), rapportent vendredi les médias qui s’inquiètent du risque d’une éventuelle pénurie d’électricité en Belgique.

« Nous ne pouvons exclure que les arrêts simultanés de Tihange 1, Doel 1 et Doel 2 puissent se prolonger et/ou être reportés au-delà de l’année 2019 et s’étendent sur 2020 », écrit le directeur général d’Electrabel Philippe Van Troeye dans ce courrier adressé récemment à la ministre de l’Energie Marie-Christine Marghem.

Dans cette lettre, le patron de l’exploitant nucléaire conseille à la ministre belge de tenir compte de ces « incertitudes » sur « la disponibilité ou l’indisponibilité de 2.000 MW de capacité nucléaire pour la période hivernale 2019-2020 ».

Jusqu’ici, il était prévu que les trois réacteurs nucléaires Doel 1, Doel 2 et Tihange 1 soient à l’arrêt durant la deuxième moitié de 2019 pour y réaliser les travaux nécessaires à leur prolongation (jusqu’en 2025).

La ministre Marghem peut constituer une réserve stratégique pour compenser ces potentielles absences nucléaires, mais elle vient de prendre la décision de ne pas contracter la moindre réserve pour l’hiver 2019-2020, une réserve qui peut être revue jusqu’en septembre, selon la presse.

Une crainte de pénurie d’électricité avait déjà été évoquée pour cet hiver, sur fond de la fermeture de plusieurs réacteurs, en particulier après la publication de chiffres alarmants du gestionnaire du réseau de transport d’électricité « Elia », estimant qu’il manquait toujours entre 1.000 et 1.200 MW pour passer l’hiver à l’abri.

Treize incidents nucléaires ont été recensés en Belgique en 2018, dont la plupart concernaient les réacteurs des centrales de « Tihange » et « Doel », avait indiqué l’Agence fédérale de contrôle nucléaire (AFCN) dans son bilan annuel.

Câble manquant d’instrumentation pour les générateurs diesel de secours, pompes assurant le refroidissement du réacteur lors d’un arrêt indisponibles, second système d’alimentation électrique externe indisponible, problématique du béton dans les bunkers…, sont autant d’anomalies détectées, selon l’AFCN.

Au total, la Belgique dispose de deux centrales nucléaires « Thiange » et « Doel », qui comptent 7 réacteurs. Ensemble, elles fournissent 55% des besoins du pays en électricité.

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