ActualitésBrésil: Le désastre de Brumadinho a rendu inutilisables les eaux de la rivière Paraopeba

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28 Fév

Brésil: Le désastre de Brumadinho a rendu inutilisables les eaux de la rivière Paraopeba

Brasilia- L’effondrement en janvier dernier d’un barrage minier à Brumadinho, dans l’Etat du Minas Gerais (sud-est) a rendu les eaux de la rivière Paraopeba impropre à la consommation humaine, l’irrigation des cultures ou la pêche, a indiqué, mercredi, la Fondation SOS Mata Atlântica.

Les eaux de Paraopeba, où s’est déversée une partie des déchets miniers retenus par le barrage, présente un niveau de cuivre jusqu’à 600 fois supérieur à la limite autorisée pour l’utilisation humaine, ainsi que d’autres métaux lourds tels que le fer et le manganèse, avertit l’ONG dans une étude.

L’analyse de 22 échantillons d’eau prélevés sur 305 kilomètres de la rivière Paraopeba a démontré que le niveau de cuivre variait entre 2,5 à 5,4 milligrammes par litre, des valeurs qui sont respectivement 277 et 600 fois plus élevées que les limites acceptables par les autorités sanitaires (0.009 milligrammes par litre).

Avec ces niveaux, les eaux de la rivière ne sont utilisables ni pour la consommation humaine, ni pour l’irrigation des cultures, ni même pour la pêche et la baignade, avertit l’étude.

« Les métaux présents dans les échantillons, tels que le fer, le cuivre et le manganèse, ne nuisent pas à la santé en petites quantités, mais ils sont toxiques lorsque leurs concentrations sont très élevées », a expliqué la biologiste Marta Marcondes, l’une des responsables de l’étude.

Selon la spécialiste, boire de l’eau présentant de fortes concentrations de cuivre peuvent endommager les reins, affecter le système urinaire et causer de l’anémie par la destruction des globules rouges.

En plus du cuivre, du fer et du manganèse, le chrome était présent dans les échantillons à des concentrations 42 fois supérieures à celles autorisées.

« Le chrome est l’un des métaux les plus dangereux car il peut altérer la génétique des organismes et affecter le système nerveux », a ajouté le biologiste.

L’étude a également conclu que les faibles niveaux d’oxygène et les températures élevées mesurées lors de la prise des échantillons révèlent que l’eau ne présente pas de conditions pour la vie des animaux aquatiques.

Selon l’ONG, le rétablissement du système écologique de la rivière Paraopeba pourrait prendre des années voire des décennies.

Une autre étude réalisée également par la même ONG brésilienne a révélé que près de 305 kilomètres de la rivière Paraopeba ont été contaminés par l’effondrement du barrage de Brumadinho qui a fait 180 morts et 130 portés disparus, selon le dernier bilan fourni par les autorités de l’Etat du Minas Gerais.

La tragédie de Brumadinho intervient après une autre rupture de barrage en novembre 2015, à Mariana, également dans l’État du Minas Gerais, ayant fait 19 morts et d’importants dégâts environnementaux.

A l’époque, des centaines de kilomètres carrés avaient été submergés par la boue, qui avait traversé deux États brésiliens jusqu’à l’océan Atlantique à travers le lit du fleuve Rio Doce.

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