ActualitésM. Akhannouch plaide pour l’accélération des programmes de lutte contre la désertification 

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07 Déc

M. Akhannouch plaide pour l’accélération des programmes de lutte contre la désertification 

Rabat – Le ministre de l’Agriculture, de la pêche maritime, du développement rural et des eaux et forêts, Aziz Akhannouch a plaidé, jeudi à Rabat, pour l’accélération de la mise en œuvre des programmes de lutte contre la désertification et la gestion durable des terres.

« L’accélération de la mise en œuvre des programmes de la lutte contre la désertification et la gestion durable des terres, tant sur le plan régional que national, devient actuellement une nécessité impérieuse, en particulier au niveau du continent africain connu par sa vulnérabilité très marquée », a signalé M. Akhannouch dans une allocution prononcée à l’occasion de la cérémonie d’inauguration du nouveau siège à Rabat de l’Unité de coordination régionale de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification pour l’Afrique (UCR-Afrique).

Selon lui, cette vulnérabilité, dont les prévisions sont déjà alarmantes, s’est traduite par la dégradation de 65% des terres agricoles en Afrique depuis 1950.

Il a également fait savoir que 30% des terres arides sont en voie de désertification et que le taux de déforestation en Afrique est déjà trois fois plus que la moyenne mondiale avec une tendance à la hausse.

« Cette situation se trouve amplifiée par la forte dépendance du continent africain vis-à-vis des ressources naturelles, sachant que les secteurs de l’agriculture, des mines et des forêts fournissent plus de 80% des emplois en Afrique et que pour les quinze prochaines années, on estime qu’environ 200 millions de jeunes africains, sur les 375 millions qui entreront sur le marché du travail, vivront dans les zones rurales », a-t-il ajouté.

La lutte contre la désertification, a insisté le ministre à cet égard, constitue une véritable préoccupation au niveau du continent africain.

En dépit de la dimension des problèmes à résoudre, des solutions restent possibles dans la mesure où la coordination des décisions et des interventions sera effective autour des expériences réussies et des projets concrets qui peuvent être valorisés par cette unité de coordination régionale, a estimé M. Akhannouch, soulignant la nécessité d’agir de façon urgente pour le développement de réponses adéquates à ces menaces grandissantes, à travers la mise en avant de solutions innovantes, dont la conception et la mise en œuvre devraient reposer sur un cadre de coopération régionale Sud-Sud ou Nord-Sud.

A l’échelle nationale, M. Akhannouch a indiqué que le Maroc, signataire de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification, s’est employé dès 1992 à adopter une démarche basée sur une meilleure connaissance de la dynamique des écosystèmes, un diagnostic des effets et des causes de dégradation des sols et des ressources naturelles, pour construire des plans d’actions précis dans leurs objectifs.

L’UCR-Afrique constitue « un pilier fondamental et une plateforme appropriée pour catalyser les efforts de tout un chacun afin de renverser les tendances vers un développement durable et inclusif au niveau du continent », a-t-il précisé, notant que cette nouvelle structure onusienne basée au Maroc permettra de capitaliser les expériences des uns et des autres pour s’inspirer des expériences réussies et construire des plans et programmes qui répondent aux besoins spécifiques du continent.

Dans ce sens, le nouveau Coordonnateur régional de l’UCR-Afrique, Boubacar Cisse, a indiqué, dans une déclaration à la MAP, que l’Unité sera opérationnelle en janvier 2018 et aura pour principale mission la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification pour l’Afrique ainsi que la promotion et le renforcement de la coopération régionale en la matière.

De son côté, la Secrétaire exécutive de la Convention des Nations Unies sur la Lutte contre la Désertification (CNULCD), Monique Barbut, a salué la généreuse contribution du Royaume du Maroc qui a permis d’installer l’UCR-Afrique à Rabat, laquelle s’inscrit non seulement dans la droite ligne de la priorité africaine du Maroc, mais traduit également sa conviction intime, telle qu’illustrée par Sa Majesté le Roi Mohammed VI, selon laquelle c’est « en Afrique, continent de l’avenir, que se jouera l’avenir de notre planète ».

« Aujourd’hui, nous installons beaucoup plus que des bureaux à Rabat (…), nous nous installons à vos côtés en Afrique, conscients des défis majeurs mais fort de l’espoir qui découle de votre potentiel unique et de l’engagement sans faille de votre pays hôte », a-t-elle assuré.

« C’est ici même, en terre africaine, qu’a été structuré le plan de mise en œuvre de l’accord historique de Paris sur le climat. C’est ici même, en marge de cette même conférence, que les chefs d’État et de gouvernement africains ont déclaré l’initiative 3S comme l’une des démarches phares du continent en s’engageant résolument à sa mise en œuvre. C’est encore à nos hôtes que nous devons l’initiative du triple A qui, pour la première fois, engage l’Afrique dans une démarche concrète à même de démontrer l’avantage comparatif unique du continent en terme de contribution aux efforts d’adaptation aux changements climatiques », a ajouté la responsable onusienne.

Mme Barbut a également tenu à remercier chaleureusement le Maroc pour « sa générosité et son engagement sans faille pour les grands défis qui se profilent aux niveaux international et régional et qui témoignent de son esprit visionnaire et de sa démarche solidaire ».

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