ActualitésLe taux d’épuration des eaux usées est passé de 5 pc en 1999 à plus de 71 pc à fin 2016 (ONEE)

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30 Mar

Le taux d’épuration des eaux usées est passé de 5 pc en 1999 à plus de 71 pc à fin 2016 (ONEE)

Ifrane – Le taux d’épuration des eaux usées est passé de 5 pc en 1999 à plus de 71 pc à fin 2016 grâce à 113 stations d’épuration des eaux usées (STEP) fonctionnelles, dont 93 réalisées par l’Office National de l’Electricité et de l’Eau Potable (ONEE) et d’autres par les autres distributeurs dans les grandes villes, a fait savoir, jeudi à Ifrane, la Directrice de la Coopération et Communication à l’ONEE- Branche-eau, Asma El Kasmi.

Le linéaire des réseaux au Maroc a quant à lui dépassé les 10 000 km et le débit épuré 500 000 m3/j, a-t-elle précisé lors de la présentation du Rapport mondial des Nations unies sur la mise en valeur des ressources en eau 2017 sous le thème « les eaux usées, une ressource inexploitée ».

Cinquante nouvelles STEP additionnelles sont en développement pour traiter l’accroissement de l’urbanisation et de la population que connait le pays, a ajouté El Kasmi, également, présidente de la Chaire UNESCO « Eau, femmes et pouvoir de décisions  » à l’Université Al Akhawayn.

La responsable a également fait savoir que « si l’accès à l’eau potable est quasiment généralisé, dans le domaine de l’assainissement liquide, composante essentielle du cycle de l’eau, le Maroc aura réalisé de grandes avancées surtout depuis le lancement du Plan National d’Assainissement (PNA) en 2005 ».

Professeur El Kasmi a souligné que le rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources montre que la gestion améliorée des eaux usées implique aussi bien la réduction de la pollution à la source que l’élimination de contaminants des flux d’eaux usées, la réutilisation des eaux récupérées et la récupération de sous-produits utiles.

« Les eaux usées représentent une ressource précieuse dans un monde où l’eau douce disponible est limitée et la demande en hausse », a-t-elle ajouté soulignant la nécessité  » d’accroître l’acceptation sociale de l’utilisation des eaux usées afin de favoriser le progrès dans ce sens ».

Elle a également noté que « la collecte, le traitement et la réutilisation de l’eau sont les bases même d’une économie circulaire, conciliant le développement économique avec la protection des ressources naturelles et le développement durable ».

Mettant l’accent sur les enjeux des eaux sur la santé et l’environnement, la présidente de la Chaire UNESCO a fait savoir qu’aujourd’hui encore, une bonne part des eaux usées est rejetée dans la nature sans être ni collectée ni traitée.

« Les pays à faible revenu traitent en moyenne 8 pc des eaux usées, contre 70 pc dans les pays à haut revenu », a-t-elle expliqué, notant que dans de nombreuses pays, des eaux chargées de bactéries, de nitrates, de phosphore ou de solvants se déversent dans les cours d’eau, les lacs et pour finir, dans les océans, avec des conséquences graves pour l’environnement et la santé humaine.

Le volume des eaux à traiter devrait encore augmenter de manière significative dans les années à venir, notamment dans les villes à forte croissance démographique des pays en développement, a-t-elle relevé.

L’universitaire a également fait observer que « l’émission d’eaux usées non traitées ou mal traitées a des conséquences à trois niveaux à savoir des effets nocifs sur la santé humaine, un impact négatif sur l’environnement et des répercussions néfastes sur les activités économiques ».

Elle appelé dans ce cadre à la sensibilisation et l’éducation pour dépasser, entre autres, les barrières sociales et culturelles tout en préconisant de vastes campagnes de sensibilisation et d’information en la matière.

Mme El Kasmi a insisté sur « le rôle des femmes et des filles qui sont souvent les principales utilisatrices et gestionnaires de l’eau dans les ménages », notant que « les femmes apportent également une contribution cruciale à l’agriculture et aux entreprises rurales dans l’ensemble des régions en développement ».

Elle a relevé également que « les femmes peuvent intervenir sur la quantité et la qualité de la ressource, et ont une influence sur la gestion, l’économie et la valorisation de l’eau ainsi que sur les risques de pollution et leurs répercussions sur la santé et la sauvegarde de l’environnement « .

Le Rapport mondial des Nations Unies sur la mise en valeur des ressources en eau est le fruit de la collaboration des 31 entités des Nations Unies et des 37 partenaires internationaux qui constituent l’ONU-Eau.

Jusqu’en 2012, le rapport, qui dressait un état des lieux exhaustif de l’état des ressources en eau dans le monde, était présenté tous les trois ans. Il est depuis 2014 annuel et thématique et sa présentation coïncide désormais avec la Journée Mondiale de l’Eau dont la thématique est alignée sur celle du rapport.

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