En vedetteSouss-Massa: L’aquaculture pour répondre à la demande croissante en poisson

En vedette

Mise en service, mardi (10/04/18) du nouveau marché de gros au poisson de Tamesna, Fruit d'un partenariat avec les communes de Rabat et de Sidi Yahia Zaer, ce marché de gros au poisson a été construit sur une superficie de 2 hectares, dont près de 4.000 m2 couverts, pour un investissement total de 71 millions de dirhams, financé par le Millenium challenge corporation (MCC) dans le cadre de la coopération entre le Maroc et les Etats-Unis.
11 Jan

Souss-Massa: L’aquaculture pour répondre à la demande croissante en poisson

– Par Hassan Hermas-

Agadir – Le secteur de la pêche, à l’instar de l’agriculture et du tourisme, constitue, depuis des décennies, l’un des piliers majeurs du tissu économique de la région de Souss-Massa, en générant plus de 60 milliards de DH du PIB, ce qui correspond à près de 7% de la richesse nationale.

Le port d’Agadir, classé parmi l’une des infrastructures portuaires les plus importantes à l’échelle nationale, joue un rôle de taille dans la promotion du secteur comme en témoigne le volume des poissons débarqués annuellement qui se chiffre à 95.000 tonnes.

Aux côtés de ces performances remarquables liées au secteur halieutique, la région de Souss-Massa recèle d’importants atouts en termes de potentialités et d’équipements aptes à créer et développer des projets dans le domaine de l’aquaculture, étant donné que la région dispose d’un littoral long de 320 km, outre le fait que ses eaux constituent un espace de biodiversité marine favorisant la promotion de projets dans le domaine aquatique.

Parmi les potentialités dont regorge la région, figure le complexe portuaire d’Agadir qui compte un port de pêche doté d’un quai long de 3826 mètre linéaire (avec un ancien et un nouveau port de pêche), outre le fait que la région compte de nombreux villages de pêcheurs et points de débarquement aménagés (PDA) pour les barques de la pêche artisanale.

En outre, la région de Souss-Massa dispose de plusieurs unités d’industrialisation et de valorisation des produits de la pêche. A cela, il convient d’ajouter que les travaux portant sur la création d’une zone industrielle compétitive aux standards mondiaux en ce qui concerne la transformation des produits halieutiques (Agadir Haliopôle Cluster) ont franchi de grandes étapes, ce qui constitue un autre facteur en faveur du lancement réussi d’autres projets halieutiques à forte valeur ajoutée pour l’ensemble du secteur.

Les différentes études réalisées dans ce sens laissent constater qu’outre l’existence de sites adéquats pour la mise en place de projets phares, la région de Souss-Massa dispose de potentialités naturelles et climatiques à même de favoriser la naissance de projets prometteurs en matière d’aquaculture, notamment une température adéquate et des eaux de qualité supérieure.

Prenant en considération l’ensemble de ces atouts, l’Agence Nationale pour le Développement de l’Aquaculture (ANDA) a oeuvré pour la mise en application d’une stratégie nationale pour la promotion de ce secteur d’activité économique et ce, le long du littoral du Royaume, notamment les côtes adjacentes de la région de Souss-Massa, via une approche basée sur le développement durable et la préservation du patrimoine halieutique.

La superficie consacrée à l’aquaculture au niveau de la région de Souss-Massa est évaluée à plus de 4.000 ha répartis sur 4 zones dédiées à la mise en place de projets de pisciculture pour l’élevage de 3 espèces marines à savoir : les coquillages, les algues marines et les poissons.

Selon les données fournies par l’ANDA, la première zone se situe entre Imessouane et Tamri (nord de la ville d’Agadir) et est dédiée à la création de 48 unités d’élevage des coquillages, soit une superficie de 15 ha pour chaque unité.

Quant à la seconde zone située également au nord de la ville d’Agadir, entre Cap Ghir et Tamraghte, elle a été consacrée à la création de 48 unités de production de poissons, avec une superficie de 25 ha pour chaque unité, outre la mise en place de 42 unités d’élevage de coquillages d’une superficie de 15 ha pour chaque unité.

Sur le littoral de la zone de Tifnite-Oued Massa relevant de la province de Chtouka Aït Baha, il a été décidé la mise en place d’une troisième zone dédiée à la création de 72 unités, dont 48 unités d’élevage des coquillages et 24 dédiées aux algues marines, avec une superficie de 15 ha pour chaque unité.

Concernant la quatrième zone, elle est située entre Oued Massa et Sidi Boulefdayel (province Chtouka-Aït Baha) sur une superficie totale estimée à 1.080 ha, répartie sur 72 unités de production de coquillages.

Après le lancement des demandes d’intérêt par l’ANDA concernant la création de 29 unités de production d’algues marines et de coquillages sur une superficie fixée à 1.380 ha et ce, durant la période allant du 27 décembre 2017 au 27 mai 2018, l’opération de sélection des dossiers déposés a permis de retenir 23 projets applicables, avec un investissement évalué à 400 millions de DH, alors que ces projets devront créer 620 opportunités d’emploi.

L’ensemble de ces projets augurent d’un avenir prometteur pour le secteur de l’aquaculture au niveau de la région de Souss-Massa ainsi que sur l’échelle nationale, sachant que ces projets qui exploiteront 60 unités de production, sur une superficie de 900 ha, pourraient atteindre une production annuelle de 62.000 tonnes de coquillages et d’algues marines.

Parmi les projets sélectionnés, trois seront exploités par 11 jeunes promoteurs ayant opté pour l’investissement en aquaculture au niveau de la région. Des opportunités d’investissement dans ce domaine ont été également offertes aux coopératives locales de la pêche artisanale notamment celles manifestant un intérêt pour l’aquaculture en tant que levier du développement local.

Ces coopératives devront bénéficier d’un programme d’accompagnement et d’appui technique en vue de permettre la concrétisation de ces projets dans les meilleures conditions.

Voir Aussi