ActualitésLe musée sous-marin de Lanzarote : une plongée dans un art au service de la biodiversité

Actualités

epa01943108 A diver looks at a sculpture placed on the sea bed by the Office of Visitors and Conventions of Cancun at Isla Mujeres, Cancun, Mexico, 23 November 2009. The sculpture forms part of the Underwater Sculpture Museum of Cancun at the West Coast Marine Park of Isla Mujeres, Punta Cancun and Punta Nizuc.  EPA/ELIZABETH RUIZ
09 Oct

Le musée sous-marin de Lanzarote : une plongée dans un art au service de la biodiversité

Par Omar El Mrabet

Las Palmas – Au fin fond de l’Océan Atlantique, un autre monde s’ouvre. Des sculptures de taille humaine immergent au large de l’île de Lanzarote, située au nord-ouest de l’archipel canarien, formant un récif artistique artificiel lançant un appel pressant à la préservation des océans et des écosystèmes marins.

Un bateau de migrants échoué, un groupe de 35 personnes marchant vers une porte, un point de non-retour, un tourbillon où sont croisées des centaines de corps, des scènes puissantes sur l’immigration et des messages forts sur les menaces qui guettent les océans. 300 statues réparties sur une superficie de 2.500 m2 réalisées par le Britannique Jason deCaires Taylor, spécialiste des sculptures sous-marines, reposent à 14 mètres de profondeur dans un musée sous-marin permettant de découvrir, au cours de la plongée, l’histoire de chaque œuvre.

Le parcours commence par une sculpture appelée « Entrée » montrant un jeune hybride fixant un grand miroir quadrangulaire reflétant la surface changeante de l’océan, alors que la dernière pièce représente un tourbillon humain constitué de 200 sculptures de taille réelle composant une large formation circulaire qui lance une réflexion sur l’avenir des Océans.

Fabriquées avec des matériaux non-polluants, notamment un béton de potentiel hydrogène (pH) neutre, respectueux de l’environnement, ces sculptures ayant nécessité trois ans de travail et des semaines d’installation, sont devenues au fil du temps, un foyer pour l’augmentation de la biomasse marine et de la reproduction des espèces de l’île.

Depuis son ouverture en février 2017, les taux de reproduction et de circulation des espèces ont augmenté, des requins anges aux barracudas, en passant par les sardines, les poulpes, les éponges de mer et l’étrange bande de papillons.

Pour Taylor, surnommé « commandant Cousteau du monde de l’art », l’océan ne représente pas seulement une « muse », mais un endroit suspendu dans le temps pouvant servir de musée pour sensibiliser et éduquer le monde, notamment les jeunes générations, sur l’importance des Océans et l’impératif de promouvoir l’art de préserver l’environnement et le milieu marin.

Les sculptures de l’artiste britannique, inspirées des habitants de l’île, constituent une invitation à la protection des écosystèmes marins grâce aux programmes d’études et de recherches lancés par les autorités locales après le lancement de ce projet mystérieux qui accueille presque 11.000 visiteurs par an.

Conçu pour que les statues soient visibles depuis la surface de la mer, le musée attire de plus en plus des visiteurs, des chercheurs et des curieux qui souhaitent réaliser une visite irréelle dans un endroit unique.

Le Musée sous-marin de Lanzarote, devenu une attraction touristique et environnementale de premier plan, compte 192 guides certifiés qui montrent aux touristes et aux professionnels une nouvelle façon de respecter l’environnement et le milieu marin.

Loin d’être le premier coup d’essai de l’artiste britannique, le musée sous-marin de l’île canarienne, le troisième du genre au monde après celui de Grenade aux Caraïbes et Cancún au Mexique, se veut un cri brutal sur la responsabilité collective dans la préservation des Océans et de l’environnement et questionne la relation entre l’Humanité et la nature.

Voir Aussi