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epa01565169 The city skyline and the Huangpu river seen through heavy smog in Shanghai, China on 01 December, 2008. Enormous brown clouds of pollution hanging over Asia are killing hundreds of thousands of people, melting glaciers, changing weather patterns and damaging crops, the United Nations said recently. Car traffic, factory emissions and indoor cooking are among the culprits for the "Atmospheric Brown Clouds", which are up to three kilometres (1.8 miles) thick, according the UN's Environment Programme (UNEP).  EPA/QILAI SHEN
04 Juin

La course contre la pollution commence. A vos masques !

Par Soumia AL ARKOUBI

Rabat-Il s’agit d’un fléau qui n’est pas propre à certains pays, mais qui peut être attribué, à vrai ou à tort, à l’industrialisation. C’est un objet scientifique étudié curieusement dans les laboratoires des grandes universités du monde et donnant lieu à des résultats et rapports qui peuvent paraître abracadabrants à des citoyens peu avertis.

C’est aussi une réalité vécue au quotidien. Elle est visible, sentie et palpable. Cette réalité au goût amer n’est rien d’autre que la pollution atmosphérique.

Elle est acceptable par certains qui en subissent les effets chaque jour, chaque heure, chaque minute et chaque instant. Ils se contentent d’inhalateurs prescrits par leurs médecins pour calmer des crises d’asthme nocturnes, de gouttes pour apaiser des yeux irrités ou de pommades pour étouffer des démangeaisons dermiques désagréables. Ils acceptent ce mal et le considèrent comme une fatalité.

D’autres préfèrent décrier et dénoncer publiquement un phénomène qui menace la santé et le bien-être des populations du monde entier et dont le coût social et financier est exorbitant.

Ces rebelles climatiques, organisés dans le cadre d’ONG, de mouvements d’étudiants, de partis politiques ou de médias, optent pour des manifestations durant lesquelles elles brandissant des banderoles contenant des messages de protestation contre des « crimes » commis par des entreprises, font pression pour adopter une loi ou publient des articles pour condamner des politiques publiques peu efficaces.

Une étude de l’Organisation de la coopération et du développement économiques (OCDE) avait révélé que l’air extérieur pourrait entraîner 6 à 9 millions de décès prématurés d’ici 2060.

Pour la même date de prévision, la pollution atmosphérique pourrait coûter 1% du PIB mondial, soit quelque 2.600 milliards de dollars par an, d’après la même étude publiée en 2016 et intitulée « les conséquences économiques de la pollution de l’air ».

Le même constat dramatique est confirmé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) qui estime que 1,3 million de personnes dans le monde- plus de la moitié dans les pays en développement – meurent chaque année en raison de ce fléau.

« Les habitants des villes où l’air est fortement pollué souffrent davantage de cardiopathies, de problèmes respiratoires et de cancer du poumon que ceux des villes où l’air est plus propre », déplore l’OMS sur son site web.

« Il est donc temps de passer à l’action », dit le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies, Antonio Guterres, à l’occasion de la journée mondiale de l’environnement, célébrée cette année sous le thème « la pollution de l’air ».

« Mon message aux gouvernements est clair : taxez la pollution, cessez de subventionner les combustibles fossiles et arrêtez de construire de nouvelles centrales à charbon. Il nous faut passer à une économie verte », lance un Guterres ferme et déterminé, qui souligne le caractère « urgent » de la crise à laquelle fait face le monde.

Le patron de l’organisation planétaire regrette que « les habitants des mégalopoles comme des petits villages respirent de l’air impur », précisant que neuf personnes sur dix sont exposées à des polluants atmosphériques qui ne sont pas conformes aux lignes directrices relatives à la qualité de l’air de l’Organisation mondiale de la Santé.

« Rien ne justifie que la communauté internationale reste les bras croisés », insiste-il, priant « chacun et chacune …d’agir pour que nous puissions mieux respirer. Que ce soit en faisant pression sur le monde politique et les entreprises ou en changeant nos habitudes ».

C’est dans ce cadre de la psychologie comportementale que l’ONU a lancé « le défi du masque » pour combattre la pollution de l’air.

Les Nations unies invitent tous les citoyens du monde à rejoindre ce défi du 24 mai au 5 novembre, pour sensibiliser la communauté à cet enjeu et pousser à l’action.

Les engagés sont invités à prendre un selfie ou une vidéo-selfie avec un masque de protection et à les publier sur les réseaux sociaux. S’ils n’ont pas de masque, l’ONU les invite à être créatifs et à porter des masques « do-it-yourself ».

« Décrivez les mesures que vous allez prendre pour réduire la pollution de l’air dans votre publication. Identifiez 3 personnes, entreprises ou organisations pour les mettre au défi de faire de même. Utilisez les mots-dièse #JournéeMondialeDelEnvironnement et #CombattreLaPollutionDelAir dans vos messages et n’oubliez pas d’identifier @onuenvironnement (sur FB & Instagram) ou @ONUEnvironmt sur Twitter », lit-on sur le portail de l’ONU.

L’ONU appelle aussi à utiliser les transports en commun ou le co-voiturage, à faire du vélo ou à marcher, réduire sa consommation de viande et de produits laitiers pour réduire les émissions de méthane, économiser de l’énergie et choisir des peintures et des meubles non toxiques.

L’organisation incite les villes à offrir des transports gratuits dans les zones urbaines et à créer davantage de zones adaptées aux piétons et aux cyclistes.

Les entreprises sont appelées à réduire les émissions de polluants atmosphériques et à utiliser des matériaux recyclables dans leurs produits.

Les écoles et les universités doivent installer des appareils qui contrôlent la qualité de l’air sur les campus.

Bref, l’ONU veut faire du 05 juin 2019 une journée mémorable qui sera racontée, avec fierté, par les générations présentes aux générations futures dans une planète verte où la pollution de l’air n’est qu’un souvenir lointain !

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