En vedetteLe recours en vogue au panier bio ou le retour à la nature

En vedette

Ouverture, lundi (06/05/2019) à Rabat, d’une foire de l’artisanat avec 48 exposants, en présence de Madame Jamila El Moussali, secrétaire d'Etat chargée de l'Artisanat et de l'économie sociale.
30 Juin

Le recours en vogue au panier bio ou le retour à la nature

– Par Meriem IGASS –

Marrakech – Tressé avec des feuilles de palmier, de la paille, d’osier ou de raphia, de roseau, naturel ou coloré, avec anses en cuir et bandoulière, à utiliser seul ou avec pompons, décoré en strass ou fleur, brodé ou simple, le couffin marocain traditionnel devient une véritable alternative indispensable ou un refuge obligatoire pour chaque consommateur avide des produits bio 100 % naturels.

A Marrakech, comme d’ailleurs dans plusieurs villes du Royaume les plus réputées par la fabrication des produits d’artisanat, une panoplie d’articles faits à la main : paniers, sacs à main, cabas, porte revues, porte-lettres, chapeaux, corbeille et sets de table envahissent les célèbres quartiers et ruelles de la médina de la ville ainsi que la place Jemaa Fna.

De Bab Ftouh, Kanaria, Derb Dabachi, Kassabine en passant par Samarine jusqu’au Rahba Kdima, on assiste à un développement important d’un artisanat marocain revisité mêlant tradition et modernité offrant, ainsi, un joli tableau de produits originaux, d’objets modernes « tendances » et de qualité qui mettent chaque visiteur dans l’embarras de choix.

En se baladant dans les différents souks de l’ancienne médina, on peut contempler le savoir-faire extraordinaire des milliers d’artisans marocains qui, passionnés par cet art, offrent une diversité d’accessoires à base de produits végétaux et naturels en plusieurs modèles et sous différentes formes et couleurs qui s’adaptent à tous les besoins du consommateur.

Le recours au couffin aujourd’hui est devenu un choix éthique et esthétique. Pratique et léger à porter aux promenades ou au pique-nique, idéal pour la plage, chic pour la salle de bain et agréable pour tout autre usage et même pour partir en vacance.

Cet engouement remarquable à ce joyau naturel durant ces dernières années, s’explique principalement par la qualité de ce produit et son utilité incontournable pour toutes les courses et provisions: produits, légumes, vêtements, surtout après la mise en vigueur, depuis environ 3 ans, de la loi interdisant l’usage des sacs en plastique.

Soucieux de satisfaire une clientèle exigeante en quête de produits écologiques et bio, les artisans créateurs et stylistes marocains se sont aventurés à développer le modèle classique de ce panier naturel en le rénovant tout en introduisant de nouveaux designs modernes adaptés aux goûts et à l’évolution du comportement de chaque consommateur.

A Derb Dabachi dans l’ancienne médina de la cité ocre, Si Lhoussain, un septuagénaire qui tissait un couffin en feuille de palmier tout en chantonnant une mélodie de melhoun, a révélé que ce métier est un art et un savoir-faire unique qui exige la patience et un esprit créatif.

« La passion de l’artisan et son amour pour la créativité le poussent à travailler avec cœur et donner le maximum de soi pour la fabrication de chaque produit d’artisanat », a-t-il enchaîné avec un accent marrakchi.

« Chaque article créé constitue un bijou qui illustre la touche personnelle de l’artisan », a-t-il dit en invitant chaque visiteur à un verre de thé à la menthe qu’il a commandé pour exprimer son hospitalité habituelle marocaine.

Selon Lalla Manana, une marchande ambulante des couffins à Jemaa Fna qui, porte toujours sa traditionnelle djellaba grise et vante son produit auprès des visiteurs et touristes de la Cité ocre, ce panier naturel durable ne se démode jamais car il reflète toujours l’authenticité et l’identité marocaine.

« Grace à son utilité et ses vertus incommensurables, le couffin marocain devient l’accessoire le plus prisé par chaque visiteur à la place Jemaa Fna, ne serait-ce que pour un souvenir artisanal de la ville en raison de son style très naturel et traditionnel qui ne nuit pas à l’environnement », a-t-elle assuré.

« J’adore ces couffins », a lancé Helle, une jeune danoise au sourire jovial. Outre les fleurs qu’elle achète chaque jour et les bougies parfumées qu’elle allume, elle estime qu’un panier en roseau égayera parfaitement sa maison à Haslev (à une demi-heure de Copenhague) et l’aidera à établir un style hygge (un art de vivre danois) prononcé.

Avec un français à peine compréhensible, elle nous raconte qu’elle a déjà certains paniers chez elle qu’elle a achetés trop cher. « Ici, le prix est abordable et la qualité n’a rien à envier à celle des grands magasins danois », nous confie-t-elle.

« J’ai eu aussi un coup de coeur pour d’autres produits innovés », a-t-elle révélé, montrant du regard un joli porte-lettres qu’elle porte d’une main et un cache-pot d’une autre.

Certes, la ruée vers les produits bio faits à la main a pris une grande ampleur ces dernières années. Elle permettra sans doute de renouer véritablement avec les matériaux traditionnels, écologiques et durables et aussi à assurer un retour incontestable à la nature et au trésor marocain authentique et de valoriser les produits agricoles et les métiers para-agricoles.

Voir Aussi