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Panel, organisé, mardi (20/11/2018) à Marrakech, sous le thème : « Budget participatif : Avancées et défis pour la transition vers des villes et territoires durables » dans le cadre des travaux du 8ème Sommet Africités qui se tient du 20 au 24 novembre à Marrakech
20 Nov

Les élus africains débattent du rôle des collectivités dans la transition vers des territoires durables

Marrakech – Les élus et responsables africains se réunissent à Marrakech à l’occasion du 8è sommet Africités, qui s’est ouvert mardi, pour débattre du rôle des collectivités territoriales dans la transition vers des villes et des territoires durables.

S’exprimant à l’ouverture de cet évènement, initié sous le thème « La transition vers des villes et des territoires durables: le rôle des collectivités territoriales d’Afrique », le ministre de l’Intérieur, M. Abdelouafi Laftit, a souligné que le Royaume du Maroc met son expérience en matière de décentralisation à la disposition de tous les pays et des organisations dans l’objectif de contribuer de manière concrète à la mise en place d’un système de coopération décentralisé entre les collectivités territoriales marocaines et leurs homologues africaines, et ce dans le cadre d’une approche intégrée des questions de développement selon la vision éclairée de SM le Roi Mohammed VI qui accorde un intérêt particulier à la solidarité et à la coopération africaines.

La coopération décentralisée est devenue un outil efficace de dialogue et de communication entre les élus et les acteurs locaux de manière à permettre de tisser des relations distinguées, d’échanger les expériences et de traiter des questions du développement intéressant la population, notamment les collectivités territoriales qui sont les responsables d’offrir des services de proximité aux citoyens, a dit M. Laftit.

Le Maroc, a poursuivi le ministre, a œuvré inlassablement pour soutenir cette orientation dans le cadre de conventions bilatérales unissant ses collectivités locales et leurs homologues étrangères ou au sein d’organisations de cités et gouvernements locaux africaines, ce qui est inscrit en droite ligne des efforts déployés au niveau central à travers des projets structurants de coopération et de partenariat avec plusieurs pays africains pour soutenir le développement générateur de richesse et d’emplois, ainsi que pour consolider le développement humain.

Dans le même sillage, Mme Soham El Wardini, présidente de CGLU Afrique, a souligné que le Sommet Africités a réussi le pari de tenir ses réunions chaque trois ans avec une participation de plus en plus importante, ce qui reflète l’engagement de toutes les parties prenantes en faveur d’un développement durable de nos villes et cités.

« Le Sommet de Marrakech est celui de la maturité après la consécration de l’Afrique lors du sommet mondial des cités à Bogota », s’est félicitée Mme El Wardini, ajoutant que ce sommet offre un « espace ouvert et utile de réflexion et de délibération autour de vérités simples mais fortes » de l’Afrique.

D’après la présidente de CGLU Afrique, les problèmes dont souffrent les cités africaines doivent trouver leurs solutions d’abord et avant tout en Afrique et plus particulièrement au niveau des collectivités territoriales africaines, faisant observer que « la transition vers une voie de développement plus durable est devenue une exigence existentielle ».

L’Afrique deviendra le foyer humain le plus important au monde dans moins d’une génération, a-t-elle estimé, notant que les jeunes africains vont représenter dès 2050 près de la moitié des jeunes du monde de moins de 30 ans.

« L’Afrique que nous voulons est une Afrique qui tourne le dos aux comportements écologiquement irresponsables et socialement injustes », a, par ailleurs, indiqué Mme El Wardini.

Pour sa part, le secrétaire général de Cités et Gouvernement Locaux Unis d’Afrique (CGLU) Jean-Pierre Elong Mbassi, a relevé que l' »Afrique locale incarne le futur de l’Afrique que nous voulons tous », une Afrique développée et prospère.

« Le Sommet Africités de Marrakech nous donne l’occasion d’inventer notre avenir et inviter le monde pour édifier un futur durable pour nous tous », a souligné M. Mbassi remerciant SM le Roi Mohammed VI qui a bien voulu accorder, une fois de plus, le privilège de Son plus Haut patronage à ce rendez-vous panafricain, en signe d’ »encouragement et de soutien » du Souverain aux travaux de ce sommet.

Cette huitième édition de Africités, qui célèbre 20 ans d’action locale commune, marquera d’une pierre blanche l’avenir des collectivités territoriales africaines, a fait remarquer le SG de CGLU Afrique.

Pour Mpho Panks Taw, président de l’organisation mondiale des cités et gouvernements locaux unis, le sommet Africités 2018 constitue une plate-forme de dialogue panafricain pour discuter ensemble des voies à même de répondre aux défis complexes auquel est confronté le continent africain, notamment en matière d’immigration, de climat ou de révolution industrielle.

Ces défis sont significatifs à maintes égards, car l’avenir du continent africain sera celui du monde entier, a-t-il dit, soulignant que les villes africaines doivent imaginer des solutions innovantes pour relever ces défis et donner à tout un chacun l’opportunité d’y participer.

L’un des paramètres déterminants sera, selon lui, le renouvellement du système financier, car « tout le monde est appelé à mettre en place des instruments pour donner aux cités les moyens financiers de faire leur mue ».

« Créer un fonds de soutien des investissements dans les villes africaines sera une bonne initiative à cet effet », a-t-il poursuivi, exprimant également la disposition de son organisation à accompagner les cités et gouvernements locaux dans leurs efforts de développement.

Intervenant également à cette occasion, le président de l’Association marocaine des présidents des collectivités locales (AMPCC), Mohamed Boudra, a indiqué que ce sommet traite une thématique d’une importance capitale et un sujet d’actualité, à savoir le développement durable et sa relation avec les villes et les collectivités territoriales, notant que les questions relatives aux collectivités locales en Afrique sont identiques et partagent plusieurs points en commun en dépit de la diversité des domaines et des expériences, mettant en avant la nécessité de travailler de concert pour relever les défis selon une vision commune.

Les villes et les collectivités locales sont confrontées à des défis majeurs, liés à l’explosion démographique, l’urbanisme et l’activité économique, d’où la nécessité d’instaurer l’égalité et la parité, la cohésion sociale, la durabilité, la justice sociale, le logement décent et les services de base, a-t-il souligné, relevant que la planification du développement est devenu une évidence pour faire face aux contraintes entravant l’évolution de la gouvernance locale en Afrique.

Consciente de l’importance de l’action commune pour réussir la transition vers des villes durables, L’AMPCC n’épargnera aucun effort au service de la consolidation de l’action africaine et de l’échange des expériences autour des questions du développement, a-t-il ajouté.

Pour sa part, le président de l’Association des présidents des régions, Mohand Laenser a souligné que l’organisation par le Maroc de cet événement de grande envergure pour la deuxième fois témoigne de l’attachement du Royaume à ses racines et de sa volonté de donner une nouvelle impulsion à la coopération Sud-Sud et aux relations unissant le Maroc et les pays africains sur tous les plans, en vue d’atteindre le développement durable escompté.

En effet, la réalisation du développement durable, un sujet central dans les travaux de ce sommet, est intimement liée à la mise en oeuvre de la gouvernance territoriale, a-t-il indiqué, notant que cette manifestation panafricaine se veut un espace d’échange et de concertation pour enrichir les expériences.

Quant au Maire de la ville de Marrakech, Mohamed Larbi Belkaid, il s’est dit fier que ce sommet soit abrité pour la deuxième fois par Marrakech, exprimant son ambition de faire de la ville ocre la capitale culturelle de l’Afrique pour 2020, afin de raviver les liens culturels unissant les peuples africains, appelant les représentants des instances qui prennent part aux Africités 2018 à soutenir ce projet.

Intervenant lors de cette cérémonie, le maire adjoint de la ville japonaise de Yokohama, Kasumi Kobayashi, a indiqué que sa ville ambitionne de travailler avec l’Afrique pour réaliser les objectifs du développement durable, mettant l’accent sur l’importance du développement des capacités humaines pour atteindre les objectifs escomptés.

La ville de Yokohama, qui a accueilli ces dernières années plus de 100 cadres africains pour s’informer de l’expérience japonaise en matière de développement, est disposée à s’intégrer dans tous les projets et chantiers de développement en Afrique ,a-t-il dit.

A l’issue de cette cérémonie d’ouverture officielle du Sommet Africités 2018, il a été procédé à l’inauguration du Salon international des villes et collectivités territoriales d’Afrique.

Placé sous le Haut Patronage de SM le Roi Mohammed VI, ce Salon, tenu à l’occasion du 8ème Sommet Africitiés, constitue une vitrine unique du marché africain des collectivités territoriales qui offre de réelles opportunités portées par des milliers de projets d’investissements réalisés chaque année.

Le Salon propose aux opérateurs économiques, industriels, financiers et institutionnels, de faire valoir leur savoir-faire, leurs équipements, produits, ingénierie et services spécialisés, et de nouer des relations d’affaires avec de nombreux décideurs publics et institutionnels africains.

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