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13 Fév

Quand la météo dame le pion à la politique

Par Amina Benlahsen

Paris – Pluies, inondations, crues, neige, verglas, bouchons, perturbations, températures… un lexique dont tous ceux qui vivent en France par ces temps de grand froid et d’énormes chambardements climatiques ont été gavés par les médias français qui ont fait de ces sujets leur choux gras durant les deux dernières semaines.

A chaque bulletin d’information, particulièrement sur les chaines de télévision, la même litanie et pratiquement les mêmes images sont offertes, de manière presque routinière, aux téléspectateurs.

Pendant de longues minutes à chaque fois, le sujet est décortiqué, traité sous tous les angles à coup de déclarations, de témoignages et d’analyses, avec à l’appui des séquences prises du sol comme du ciel montrant de vastes surfaces inondées ou couvertes d’une épaisse couche de neige.

Les reportages, effectués avec beaucoup de professionnalisme jusqu’aux caves des maisons submergées par les eaux, montrent dans le détail les dégâts subis par des personnes parfois esseulées ainsi que la métamorphose qu’ont connue des larges étendues transformées en vastes étangs et des quartiers entiers dont les habitants, comme les secouristes et les éléments de police, sont obligés à se déplacer sur des passerelles ou à bord d’embarcations dans des ruelles immergées par les eaux.

Durant près de deux semaines, la crue de la Seine en particulier a été scrutée au jour le jour tenant en haleine la population dont l’attention a été accaparée par les rebondissements que la situation pouvait connaître du fait de nouvelles pluies ou de nouvelles chutes de neige.

Centimètre par centimètre, les télévisions ont tenu leurs téléspectateurs informés de la crue et ensuite de la décrue du fleuve avec force détail sur sa navigabilité et sur les risques encourus par ses riverains (habitations, musées et autres).

Les chutes exceptionnelles de neige en particulier sur Paris et sa région et la «pagaille» qui s’en est suivie ont également accaparé l’attention des médias qui rendaient compte, de manière continue, des énormes perturbations enregistrées au niveau notamment des transports du fait de la difficulté de circuler sur des axes routiers devenus quasi-impraticables.

Des images de centaines de personnes emmitouflées dans leurs manteaux et blousons ayant dû se résoudre à abandonner leurs voitures pour passer la nuit dans des centres d’accueil ou des gares ont également constitué matière à commentaire pour les médias comme celles de nombreux voyageurs sommeillant dans les aéroports parisiens suite à l’annulation de leurs vols.

Déjà prisés avant les épisodes pluvieux et neigeux des derniers jours, les bulletins de «Météo France» et les indications rapportées par «Vigicrues», le Service d’information sur le risque de crues des principaux cours d’eau en France, devaient, par la force des choses, gagner en audience auprès de populations accrochées à l’espoir d’entendre de «bonnes nouvelles».

Sous un ciel transformé, des jours durant, en toit opaque empêchant les rayons de soleil de se frayer un passage entre les nuages et de permettre d’entrevoir cet immense bleu synonyme de chaleur et de vie, les gens prennent leur mal en patience en attendant le retour du beau temps que tout un chacun nourrit de ses vœux.

En attendant, la météo continue à damer le pion à la politique ou, du moins, à la reléguer au second plan, en accaparant les devants de l’actualité en France où, exceptés les déplacements du président Emmanuel Macron à l’étranger, des affaires d’ordre domestique et, quelque peu, les Jeux Olympiques qui se déroulent en Corée du Sud, rien n’est venu ces derniers jours perturber la platitude du paysage médiatique. Le football le fera peut-être mercredi avec le match Réal Madrid-PSG comptant pour les 8èmes de finale aller de Ligue des champions, pour lequel les Français s’enthousiasment depuis quelques jours. A moins que la pluie et la neige ne s’en mêlent encore.

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