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19 Nov

Rouler à l’électrique: le témoignage d’une Marocaine à la fibre écologique

Par Soukaïna BENMAHMOUD

Rabat – Rouler en voiture thermique ? En réponse à cette question un brin provocatrice, Mme Bouchra Benabdellah fait une moue de désapprobation qui en dit long sur son mode de locomotion. Cette mère de famille a choisi de se déplacer en véhicule électrique depuis fin 2017 et elle ne compte pas lâcher de sitôt le volant de ce véhicule envers lequel elle a beaucoup d’affection.

« Un véhicule électrique est non seulement un moyen de transport écologique, mais il procure également beaucoup de confort », lance d’emblée Mme Benabdellah, qui fait partie d’une minorité qui roule à l’électrique.

Pour elle, acquérir une voiture électrique n’est pas seulement un luxe pour satisfaire sa fibre écologique et se faire bonne conscience par rapport à ses convictions en faveur de la préservation de l’environnement. Cette maman de deux enfants s’est très vite rendue compte que son nouveau moyen de transport lui permet aussi de réaliser des économies conséquentes.

« Malgré le prix élevé du véhicule électrique, comparé au véhicule thermique, j’ai vite réalisé que je suis gagnante dans cette affaire, parce que la voiture électrique ne nécessite pas un entretien récurrent et n’a pas besoin de vidange. Je ne paye pas de vignette non plus. Donc, par rapport à un véhicule thermique, le coût global est compensé et l’investissement est largement amorti « , explique Mme Benabdellah.

Abordant le sujet des coûts de consommation de sa voiture à batterie, la propriétaire d’une Zoe blanche s’enthousiasme devant l’avantage économique du véhicule électrique, qui lui coûte aux alentours de 20 DH les 100 km, notant qu’avec le coût du carburant « qui devient de plus en plus cher », elle préfère de loin le choix de la batterie et en arrive même à la chérir, car elle n’a plus à se soucier ni des prix affichés à la pompe, ni de l’indexation et moins encore des cours du pétrole sur le marché mondial.

Rouler en véhicule électrique ne passe pas inaperçu, comme l’explique cette aficionada, qui admet avoir souvent été interpellée par d’autres conducteurs au feu rouge. Elle est aussi parfois questionnée par des passants, intrigués par son véhicule trop silencieux en comparaison avec les moteurs vrombissants des véhicules thermiques.

C’est d’ailleurs ce silence « reposant » et « le confort de conduite » qui ont eu raison de Mme Benabdellah. « En roulant, il n’y a pas de bruit éreintant. Ma voiture électrique me permet de conduire de manière souple et facile, sans boîte à vitesses », affirme cette adepte de la voiture à batterie.

Pour Mme Benabdellah, heureuse propriétaire du véhicule électrique, l’essayer c’est l’adopter ! Elle voudrait que davantage de conducteurs tentent l’essai.

Quant à la question de l’autonomie limitée, souvent invoquée par les plus sceptiques, elle n’a jamais posé problème à cette dame passionnée de l’électrique.

« J’ai installé une borne de recharge résidentielle de 3 killowatts au niveau de mon garage que j’ai liée à la boîte électrique de mon appartement, ce qui me permet de laisser charger mon véhicule durant toute la nuit », fait savoir Mme Benabdellah, notant que le lendemain, en prenant la route de Casablanca vers Rabat, elle consomme 100 km.

Une fois arrivée à Rabat où elle travaille, Mme Benabdellah met sa voiture à recharger dans une des douze bornes que compte la ville (22 killowatts), ce qui lui prend moins de deux heures, le temps de vaquer à ses occupations quotidiennes.

Cette pionnière de la voiture à batterie hésite toutefois à dépasser le tronçon Casablanca-Rabat. Prévoyante, elle préfère s’assurer d’abord que les bornes installées actuellement (environ 100 sur tout le territoire national) soient opérationnelles avant de goûter au plaisir de rouler à l’électrique sur des distances plus grandes.

Ce détail, s’amuse-t-elle à expliquer, compte vraiment pour quantité négligeable face aux avantages qu’offre son véhicule et qui lui permettent de satisfaire amplement son envie de protéger l’environnement.

Et pour cause : en plus d’avoir une durée de vie de 10 à 15 ans, la batterie du véhicule électrique peut être transformée en unité de stockage résidentiel d’électricité. C’est une seconde vie qui commence pour ces batteries, ce qui comble de satisfaction Mme Benabdellah, cette dame sensible à la cause écologique.

« Quand je conduis mon véhicule électrique, en plus d’un confort extrême », dit-elle, « j’ai la conscience tranquille. Je ne pollue pas l’environnement et j’ai la conviction de contribuer à faire de ce monde un endroit où il fait bon vivre ».

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