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Mme Fattouma Benabdenbi Djerrari-MAPECOGY
07 Mar

Fettouma Djerrari Benabdenbi, une militante dévouée à la cause du développement durable

Rabat – Fettouma Djerrari Benabdenbi est une infatigable militante dévouée à la cause du développement durable et à la préservation des ressources naturelles, à travers son association Terre et Humanisme Maroc.

Après plusieurs années de travail inlassable, Mme Djerrari Benabdenbi s’est forgée une réputation de farouche défenseuse de l’agro-écologie, un système de production agricole s’appuyant sur les fonctionnalités offertes par les écosystèmes. Cette technique diminue les pressions sur l’environnement et préserve les ressources de la nature tout en maintenant ses capacités de renouvellement.

Sociologue de formation, elle s’était initiée à l’agro-écologie il y a près de deux décennies. Sensible aux « risques de désertification qui planaient sur certaines régions marocaines », elle a cru en la nécessité d’agir afin d’attirer l’attention sur la préservation des ressources naturelles et sur la nécessité urgente d’adopter les principes de développement durable, a-t-elle confié dans un entretient à la MAP.

C’est de là qu’est venu le « déclic » qui l’a poussé à cofonder le Mouvement Terre et Humanisme Maroc, aux côtés de la figure de l’agro-écologie en France, Pierre Rabhi, afin de jeter les bases d’une approche humaniste de l’agriculture, basée sur le « respect de la nature pour assurer sa longévité », a expliqué Mme Benabdenbi.

« J’ai un devoir de respect, de reconnaissance et d’utilisation avec parcimonie de la nature parce que je ne suis pas éternelle », estime la militante écologique.

Elle souligne que le respect de la nature débouche nécessairement sur le développement durable, qui est « la responsabilité de tous », et que la réflexion devrait être générale sur les moyens de préserver les ressources naturelles, responsables du bien-être de l’humain.

« Je n’ai pas intérêt à maltraiter la nature par ce que je ne fais que maltraiter l’humain que je suis à terme », insiste-t-elle, comme pour rappeler que les actions ou les inactions d’aujourd’hui impactent l’avenir. Et quand il s’agit du non-respect de la nature, cela peut avoir de graves répercussions sur les générations futures.

« Je ne peux concevoir un projet de développement s’il n’est pas respectueux de la nature, car il ne sera pas durable », souligne Mme Djerrari Abdenbi, ajoutant qu’il « pourrait même générer une instabilité, en causant l’insécurité alimentaire ou la désertification humaine ou naturelle ».

S’attardant sur sa mission, elle affirme que le militantisme environnemental ne doit pas se borner seulement à un « pupitre où l’on donne des leçons », car il peut également se manifester par un « enchantement et un émerveillement devant la nature qui nous a été offerte par le Créateur ».

A la tête de son association, Mme Djerrari Abdenbi pilote des initiatives d’agro-écologie partout au Maroc, avec notamment des projets d’arboriculture (plantation de 2 hectares dans la commune de Sidi Boubker), un village écologique (Kermet Ben Salem à Moulay Driss Zerhoun), le projet « Femmes semencières » qui vise à doter les femmes du savoir-faire afin de produire des semences traditionnelles et le projet de développement pour l’intégration économique du Douar Lahrech à Dar Bouazza.

Afin de pérenniser ses actions, l’Association dispense également des formations aux animateurs en agro-écologie pour assurer la transmission de ce savoir-faire aux populations rurales et les aider à adopter de bonnes pratiques agricoles, respectueuses de l’environnement et protectrices des ressources.

En découvrant les principes d’agriculture urbaine et d’agro-écologie et en essayant de les transmettre, elle vise à toucher les jeunes afin qu’ils endossent le costume de « Consomacteurs », fait-elle savoir.

Et comme la pratique de l’agro-écologie est tournée vers la création d’un avenir meilleur, la militante appelle à « investir dans le futur » en dotant les écoles de potagers et en créant des activités pour les enfants afin de les « réconcilier avec la nature » et leur ouvrir les portes d’un « enchantement du monde » qui les entoure.

Par Issam ELGRINI

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